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Le groupe Altaïr (Starwax, Briochin) rachète la marque d'éponges lavables Inga
Valorisée à plus de 10 millions d'euros, la marque fondée par Benjamin Bir en 2021 rejoint le portefeuille d'entretien responsable du groupe français Altaïr.

Le groupe français de produits d'entretien Altaïr, propriétaire des marques Starwax, Briochin et K.Pro, a annoncé le rachat d'Inga, marque pionnière de l'éponge lavable en France. L'opération, révélée notamment par L'Informé, valorise Inga à un peu plus de 10 millions d'euros et vient étoffer un portefeuille de marques déjà engagé sur le segment de l'entretien responsable.
Cinq ans d'existence, 5 millions d'éponges vendues
Fondée en 2021 par Benjamin Bir, Inga s'est imposée comme la référence du marché émergent de l'éponge lavable, un segment qui répond à la volonté des consommateurs de réduire leurs déchets ménagers sans renoncer au confort d'usage. En cinq ans, la marque revendique environ 5 millions d'éponges vendues et affiche un chiffre d'affaires de l'ordre de 9 millions d'euros. Sur le circuit des grandes et moyennes surfaces, Inga détient désormais près de 5 % de part de marché, ce qui en fait la deuxième marque nationale du segment.
Une septième marque pour un groupe en croissance externe
Pour Altaïr, cette acquisition s'inscrit dans une stratégie de croissance externe assumée autour de l'entretien responsable : le groupe avait déjà intégré la marque néerlandaise Marcel's Green Soap en 2024. Inga devient ainsi la septième marque du portefeuille, aux côtés de Starwax (produits techniques pour la maison et le véhicule) et Briochin (savons et produits d'entretien traditionnels), deux enseignes dont la production a récemment été regroupée sur le site industriel de Noyelles-lès-Seclin, dans le Nord.
« Rejoindre le Groupe Altaïr est une opportunité majeure pour poursuivre cette mission. »
Benjamin Bir, fondateur d'IngaLe réseau international d'Altaïr en levier de croissance
L'intérêt de l'opération pour Inga tient largement à l'accès au réseau de distribution d'Altaïr, présent dans une cinquantaine de pays. Jusqu'ici centrée sur le marché français, la marque pourra s'appuyer sur cette infrastructure commerciale pour accélérer son déploiement à l'international, là où une startup de cette taille aurait dû construire seule des accords de distribution pays par pays — un chantier long et coûteux que l'adossement à un groupe déjà implanté permet de contourner. Le mouvement illustre aussi une dynamique plus large du secteur des produits d'entretien : les grands groupes historiques, confrontés à des marques indépendantes qui captent la demande pour des alternatives durables, choisissent de plus en plus le rachat plutôt que la réplication interne pour renforcer leur offre responsable.
Un segment né de la contrainte réglementaire et environnementale
L'essor de l'éponge lavable en France doit beaucoup à la convergence de deux évolutions. D'un côté, la pression croissante sur les emballages et produits à usage unique, qui pousse une partie des consommateurs à chercher des alternatives réutilisables pour des gestes du quotidien jusqu'ici dominés par le jetable. De l'autre, la multiplication des marques « directes au consommateur » qui ont su construire une communauté avant même d'arriver en rayon — Inga a largement bâti sa notoriété sur les réseaux sociaux et la vente en ligne avant de percer en grande distribution, un parcours classique pour les marques de consommation courante nées après 2020.
Ce schéma n'est pas isolé : plusieurs marques nées en ligne et portées par un positionnement écologique ont suivi une trajectoire comparable, obligeant les groupes industriels traditionnels à revoir leur stratégie de portefeuille pour ne pas laisser filer un segment de marché qui, bien que marginal en valeur absolue, progresse rapidement et capte une clientèle jeune et prescriptrice.
Starwax et Briochin, deux marques complémentaires
L'arrivée d'Inga dans le giron d'Altaïr prend tout son sens au regard du positionnement des deux marques historiques du groupe. Starwax s'adresse aux usages techniques — entretien de la maison, du véhicule, du jardin — tandis que Briochin couvre le segment plus traditionnel des savons et produits d'entretien ménager. Inga vient compléter cet ensemble sur un usage quotidien très concret, celui de la vaisselle et du nettoyage de surfaces, avec un positionnement explicitement tourné vers la réduction des déchets. Le regroupement récent de la production de Starwax et Briochin sur le site de Noyelles-lès-Seclin, dans le Nord, illustre la logique de mutualisation industrielle qu'Altaïr a déjà engagée et dans laquelle Inga pourrait, à terme, trouver sa place.
Une opération qui s'inscrit dans un mouvement de consolidation plus large
Cette acquisition intervient alors que le secteur des produits de grande consommation connaît une vague de consolidation, les groupes historiques cherchant à sécuriser leur accès à des segments de croissance — bio, responsable, zéro déchet — plutôt que de laisser des acteurs indépendants capter seuls cette demande. Pour les marques fondatrices comme Inga, l'enjeu du rachat n'est pas seulement financier : il s'agit d'accéder à une force de vente, à des accords de référencement déjà négociés avec les grandes enseignes et à une capacité de production que la startup n'aurait pu financer seule sans lever des montants bien supérieurs à sa valorisation actuelle. Pour Benjamin Bir, resté aux commandes de la marque après le rachat, l'enjeu des prochains mois sera de préserver l'identité et le positionnement écologique qui ont fait le succès d'Inga, tout en profitant du changement d'échelle promis par son nouvel actionnaire.