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CMA Media renonce à vendre ses chaînes BFM locales et ferme deux antennes

Faute de repreneur solide, CMA Media ferme BFM Normandie et BFM DICI et recentre ses sept chaînes restantes sur l'économie et les territoires.

Image d'illustration — une caméra de tournage sur pied, illustrant la production de télévision locale concernée par la restructuration.
Image d'illustration — une caméra de tournage sur pied, illustrant la production de télévision locale concernée par la restructuration.Photo : Simone Impei / Unsplash

Le groupe CMA Media a annoncé, le 30 septembre, qu'il abandonnait la vente de son réseau de chaînes de télévision locales BFM, faute d'offre de reprise jugée suffisamment solide, et qu'il fermerait deux de ses neuf antennes, BFM Normandie et BFM DICI, selon les informations relayées par CB News.

Pas d'acquéreur à la hauteur

Selon la directrice générale de CMA Media, Claire Léost, citée par CB News, le groupe n'a reçu « aucune condition de reprise offrant des perspectives suffisamment solides » pour l'ensemble de ses chaînes locales. Le marché de la télévision régionale souffre d'un double effet de ciseau : la baisse continue du temps d'écoute de la télévision linéaire et la captation croissante des budgets publicitaires locaux par les plateformes numériques, deux tendances qui fragilisent le modèle économique de ces antennes depuis plusieurs années.

Deux fermetures, sept chaînes maintenues

9
Chaînes locales BFM avant la réorganisation
2
Chaînes fermées : BFM Normandie et BFM DICI
7
Chaînes maintenues par CMA Media
47 %
Réduction d'effectifs annoncée par les syndicats

BFM Normandie et BFM DICI — couvrant les Alpes du Sud et la Haute-Provence — vont donc disparaître, tandis que sept chaînes sont maintenues : BFM Lyon, BFM Marseille Provence, BFM Grand Lille, BFM Grand Littoral, BFM Toulon Var, BFM Nice Côte d'Azur et BFM Alsace. CMA Media avait déjà fermé BFM Paris Île-de-France en mars 2025, une étape antérieure de la même logique de resserrement du réseau.

Un virage éditorial vers l'économie et les territoires

Le groupe affiche une nouvelle ligne pour les chaînes qu'il conserve : « une offre davantage consacrée à l'économie, aux entreprises et aux transformations des territoires », en partenariat avec BFM Business et La Tribune, rapporte CB News. Ce repositionnement vise à différencier les antennes régionales de l'offre d'information généraliste, saturée par la concurrence numérique, en misant sur une couverture économique de proximité — PME, filières industrielles locales, vie des entreprises régionales — moins disputée par les grands acteurs nationaux.

Une mobilisation syndicale immédiate

L'impact social de la réorganisation est important : les effectifs du réseau de chaînes locales passeraient de 150 à environ 80 personnes, soit une réduction d'environ 47 %, selon les chiffres avancés par les syndicats SNJ et CGT. Les deux organisations ont appelé à la grève le 1er octobre pour contester cette réorganisation, estimant que la fermeture de deux antennes et la contraction des effectifs des chaînes maintenues fragilisent durablement l'information de proximité dans les régions concernées. CMA Media doit désormais ouvrir une procédure de consultation du personnel avant de fixer un calendrier précis de fermeture pour les deux chaînes concernées.

Un réseau déjà réduit depuis 2025

La fermeture de BFM Normandie et BFM DICI n'est pas le premier coup porté au réseau de télévisions locales de CMA Media : le groupe avait déjà fermé BFM Paris Île-de-France en mars 2025, retirant de la carte la chaîne la plus exposée à la concurrence des médias nationaux et des pure players numériques franciliens. Deux fermetures en dix-huit mois dessinent une trajectoire de contraction régulière plutôt qu'un ajustement ponctuel, et interrogent sur la pérennité à moyen terme des sept antennes encore maintenues, elles aussi confrontées à la même érosion publicitaire.

Pourquoi la télévision locale décroche face au numérique

Le modèle économique des chaînes locales repose historiquement sur la publicité de proximité — commerces, concessions automobiles, agences immobilières régionales — un segment de marché de plus en plus capté par les plateformes numériques qui offrent un ciblage géographique plus fin à moindre coût. Conjuguée à une baisse continue du temps d'écoute de la télévision linéaire, en particulier chez les publics les plus jeunes, cette évolution structurelle rend difficile le maintien d'un maillage de neuf chaînes régionales sans mutualisation accrue des moyens de production entre antennes.

Le pari de l'économie régionale plutôt que l'info généraliste

Le partenariat annoncé avec BFM Business et La Tribune pour recentrer les sept chaînes maintenues sur l'économie, les entreprises et les transformations des territoires traduit un choix stratégique clair : plutôt que de concurrencer les chaînes d'information généraliste nationales sur leur terrain, CMA Media mise sur une couverture économique de proximité peu disputée, où les rédactions locales peuvent apporter une valeur ajoutée reconnue — vie des PME, implantations industrielles, dynamiques d'emploi régionales. Reste à savoir si ce virage éditorial suffira à stabiliser des audiences et des recettes publicitaires mises sous pression depuis plusieurs années, et si les effectifs réduits à 80 personnes permettront de tenir cette ambition sur l'ensemble des sept antennes.