Vendredi 14 août 2026
Édition nº 1 · ParisIndice d'attention éco : 6 articles / 7 j
Fil actif — 09:15
Le quotidien
du business et de l'économie

actualite-business.fr

Entreprises · Économie
Marchés · International

Résultats trimestriels

Axa : les revenus progressent de 5 % sur les neuf premiers mois de 2026

L'assureur français dépasse 93 milliards d'euros de primes depuis janvier, porté par la France et la croissance de l'assurance vie et santé.

Image d'illustration — un immeuble de bureaux dans un quartier d'affaires, le type de siège où opèrent les grands assureurs.
Image d'illustration — un immeuble de bureaux dans un quartier d'affaires, le type de siège où opèrent les grands assureurs.Photo : Markus Spiske / Unsplash

Axa a publié le 29 octobre des indicateurs d'activité pour les neuf premiers mois de 2026 qui confirment la bonne tenue du secteur assurantiel français : le chiffre d'affaires du groupe atteint 93 milliards d'euros, en hausse de 5 % sur un an. Ce résultat s'inscrit dans une série de publications solides pour les grands groupes français cette saison de résultats trimestriels, entre les banques et désormais les assureurs, et contraste avec le ralentissement observé côté croissance économique nationale.

L'assurance dommages portée par la France, la vie et la santé en forte hausse

Le détail par segment montre une dynamique différenciée : les primes émises en assurance dommages progressent de 3 % à base comparable, à 48,1 milliards d'euros, tandis que l'assurance vie et santé affiche une croissance plus rapide, de 7 %, à 44,8 milliards d'euros — portée à la fois par l'activité vie et par la santé, deux branches qui bénéficient d'une demande soutenue dans un contexte de vieillissement démographique et de désengagement progressif de certains régimes publics. Sur le seul marché français, Axa revendique une croissance de 8 % depuis le début de l'année, un rythme supérieur à sa moyenne mondiale et qui tranche avec la prudence affichée par les ménages dans d'autres secteurs de consommation, comme l'a montré la confiance des ménages mesurée par l'Insee à son plus bas niveau depuis 2013.

93 Md€
Chiffre d'affaires total sur 9 mois 2026, +5 %
48,1 Md€
Primes en assurance dommages, +3 %
44,8 Md€
Primes en assurance vie et santé, +7 %
+8 %
Croissance du chiffre d'affaires en France depuis janvier

Une performance jugée « solide » par la direction financière

Le directeur financier du groupe, Alban de Mailly Nesle, a qualifié ces résultats de performance « solide » sur les neuf premiers mois de l'année, une formule mesurée qui tranche avec le ton plus offensif employé par d'autres assureurs ou banques lors de cette saison de résultats. Cette prudence verbale s'explique en partie par le fait que la publication d'octobre ne porte que sur des indicateurs d'activité — le chiffre d'affaires et sa décomposition — sans détail sur la rentabilité technique ni sur le ratio de solvabilité, qui seront précisés lors de la publication des comptes complets du groupe, attendue en fin d'année.

« Sur les neuf premiers mois de l'année 2026, Axa continue de réaliser une performance solide. »

Alban de Mailly Nesle, directeur financier d'Axa

Un secteur assurantiel qui résiste mieux que prévu à la conjoncture

Pris dans son ensemble, ce trimestre confirme que les grands assureurs français traversent mieux que d'autres secteurs la période de ralentissement économique amorcée cette année : la demande de couverture santé et de produits d'épargne en euros ou en unités de compte reste robuste, tandis que l'assurance dommages profite d'une hausse régulière des tarifs liée à l'inflation des coûts de réparation et à la fréquence accrue des sinistres climatiques. Pour Axa, l'enjeu des prochains mois sera de confirmer cette trajectoire de croissance des primes sans dégrader ses marges techniques, dans un contexte où la concurrence sur l'assurance vie et santé s'intensifie face à des acteurs mutualistes et des bancassureurs tout aussi offensifs sur ce segment porteur.

Un ratio de solvabilité surveillé de près par les investisseurs

Si le communiqué d'octobre ne détaille pas le ratio de solvabilité du groupe, celui-ci reste l'indicateur le plus scruté par les analystes qui suivent la valeur en Bourse : un niveau élevé, généralement supérieur à 180 % selon les standards du secteur, permet à un assureur de continuer à distribuer des dividendes généreux et à financer des rachats d'actions sans fragiliser sa capacité à honorer ses engagements en cas de choc majeur, qu'il s'agisse d'une catastrophe naturelle d'ampleur ou d'une crise financière touchant ses actifs investis. Axa a construit depuis plusieurs années une réputation de gestion prudente de ce ratio, ce qui lui a permis de traverser sans accroc les épisodes de volatilité des marchés obligataires observés en 2025 et 2026, contrairement à certains concurrents européens plus exposés aux variations de taux longs.

La France, moteur inattendu dans un contexte économique dégradé

La progression de 8 % du chiffre d'affaires français, supérieure à la moyenne du groupe, mérite d'être mise en perspective avec le climat économique national : alors que l'indice de confiance des ménages touche un plus bas depuis 2013 et que la croissance du PIB recule, les Français continuent paradoxalement d'alimenter leurs contrats d'assurance vie et de souscrire des couvertures santé complémentaires, deux produits perçus comme des valeurs refuges en période d'incertitude plutôt que comme des dépenses discrétionnaires. Ce comportement, documenté par plusieurs études du secteur, traduit une préférence croissante des ménages français pour l'épargne de précaution au détriment de la consommation courante — un phénomène qui profite directement aux assureurs comme Axa mais qui, à l'échelle macroéconomique, contribue aussi au ralentissement de la demande intérieure que mesure l'Insee.