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Pillages du 17 octobre : la grande distribution réclame une indemnisation accélérée

Après les violences du 17 octobre en marge des manifestations contre la vie chère, les patrons de la distribution demandent sanctions et réparations rapides.

Image d'illustration — le rayon fruits et légumes d'un commerce de grande distribution, type d'établissement touché par les violences du 17 octobre.
Image d'illustration — le rayon fruits et légumes d'un commerce de grande distribution, type d'établissement touché par les violences du 17 octobre.Photo : Memories on 35mm / Unsplash

Les dirigeants de plusieurs enseignes de la grande distribution française ont appelé, ce week-end, à éviter une répétition des violences et pillages survenus le 17 octobre en marge de la mobilisation contre la « vie chère », selon les informations de BFM Business. Ils réclament à la fois des sanctions contre les auteurs et une accélération des procédures d'indemnisation des commerçants touchés.

Un appel direct de Dominique Schelcher

Dans un message publié sur LinkedIn dimanche, Dominique Schelcher, PDG de la Coopérative U, a plaidé pour que « la violence et l'affrontement » ne deviennent pas « notre quotidien » : « Il ne doit pas y avoir un autre 17 octobre. » Il appelle le monde politique « à l'apaisement, au respect mutuel et à la construction urgente d'un projet collectif », au nom des chefs d'entreprise de son réseau, tout en reconnaissant « la souffrance de nombreux Français » et « les difficultés majeures que traversent certains secteurs ».

« Nous ne devons pas nous habituer à ce que la violence et l'affrontement deviennent notre quotidien. Il ne doit pas y avoir un autre 17 octobre. »

Dominique Schelcher, PDG de la Coopérative U

Intermarché décompte neuf points de vente touchés

De son côté, Thierry Cotillard, patron des Mousquetaires/Intermarché, a réclamé « de lourdes sanctions pour les auteurs » dans un entretien accordé au Parisien. Son réseau a comptabilisé neuf points de vente touchés par les débordements, dont quatre « véritablement vandalisés », ainsi qu'un collaborateur blessé. Il s'inquiète d'un possible effet d'engrenage : « Les casseurs ne ciblent plus. Tous les commerces sont visés : des boulangeries, des pharmacies. »

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Points de vente Intermarché touchés selon Thierry Cotillard
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Magasins « véritablement vandalisés »

Les deux dirigeants demandent que les commerçants sinistrés bénéficient d'un régime d'indemnisation accéléré, comparable à celui appliqué en cas de catastrophe naturelle — une procédure qui permettrait de débloquer plus rapidement les versements des assureurs sans attendre l'issue des procédures judiciaires contre les auteurs des dégradations.

Un risque de répétition qui inquiète tout le secteur

Au-delà de l'indemnisation, c'est la crainte d'un phénomène récurrent qui domine les prises de parole patronales. Thierry Cotillard redoute explicitement que les casseurs aient « envie de remettre ça le week-end prochain » en l'absence de sanctions dissuasives. Pour la grande distribution, l'enjeu dépasse la seule réparation financière : il s'agit de préserver la capacité des commerces de proximité à fonctionner normalement dans un climat social tendu, alors que les mobilisations contre le coût de la vie se poursuivent à travers le pays.

Un régime d'indemnisation calqué sur les catastrophes naturelles, mais pas automatique

La demande d'un traitement « comme dans le cas des catastrophes naturelles » n'est pas anodine sur le plan juridique. En France, le régime catastrophe naturelle permet, sous certaines conditions, d'activer rapidement la garantie des contrats d'assurance multirisque et de simplifier les démarches d'indemnisation des professionnels sinistrés, sans attendre l'issue d'une procédure judiciaire contre les responsables identifiés. Pour des dégradations liées à des troubles sociaux, le cadre est différent : les assureurs peuvent invoquer des clauses d'exclusion ou des franchises spécifiques en cas d'émeutes, ce qui ralentit et complique l'indemnisation des commerçants, en particulier les indépendants et franchisés qui ne disposent pas toujours des mêmes couvertures que les grandes enseignes intégrées.

C'est précisément ce différentiel de traitement entre points de vente que pointent les dirigeants de la distribution : un hypermarché appartenant à un grand groupe peut absorber plus facilement une vitrine brisée ou un rayon pillé qu'un commerce de proximité indépendant, pour qui quelques jours de fermeture ou une franchise d'assurance élevée peuvent représenter une perte significative de chiffre d'affaires. En réclamant une procédure accélérée et uniforme, les patrons de la distribution cherchent aussi à protéger l'ensemble du tissu commercial, y compris les indépendants affiliés à leurs réseaux sous enseigne.

Un précédent qui pourrait peser sur les assureurs et les pouvoirs publics

Les violences du 17 octobre interviennent dans un contexte de tension sociale déjà marqué par plusieurs mois de mobilisations contre le coût de la vie. Si les enseignes obtiennent la procédure d'indemnisation accélérée qu'elles réclament, cela pourrait créer un précédent pour de futurs mouvements sociaux, en officialisant un canal de compensation rapide pour les commerces touchés par des débordements lors de manifestations. À l'inverse, un statu quo sur les règles d'indemnisation actuelles ferait peser l'essentiel du risque financier sur les commerçants eux-mêmes, un argument que la Coopérative U, les Mousquetaires et les autres enseignes de la distribution devraient continuer à faire valoir dans les prochaines semaines auprès des pouvoirs publics et des assureurs, à mesure que le bilan complet des dégâts du 17 octobre sera établi.