Conjoncture · Économie
Le PIB français rebondit de 0,2 % au deuxième trimestre 2026
Après un premier trimestre en repli de 0,1 %, l'Insee constate un rebond porté par les exportations et une timide reprise de la consommation des ménages.

Le produit intérieur brut français a progressé de 0,2 % au deuxième trimestre 2026, après un repli de 0,1 % au premier trimestre, selon la première estimation publiée par l'Insee le 30 juillet. Le rebond reste modeste au regard des standards d'avant-crise, mais il met un terme à deux trimestres de quasi-stagnation et confirme la lecture d'une économie qui résiste sans vraiment accélérer.
Le commerce extérieur, principal moteur du trimestre
La contribution du commerce extérieur à la croissance est le fait marquant de cette publication : elle atteint +0,6 point, après avoir pesé pour -0,8 point au trimestre précédent. Les exportations rebondissent nettement, de 2,6 % après un recul au premier trimestre, tirées notamment par le secteur aéronautique dont les livraisons ont bondi de 33,6 % sur la période. Les importations progressent plus modérément, de 0,8 % après -0,7 %, ce qui explique l'essentiel du solde positif du commerce extérieur sur la croissance trimestrielle.
Une consommation des ménages qui se redresse à peine
La consommation des ménages progresse de 0,2 %, après un repli de 0,3 % au premier trimestre — un redressement réel mais fragile, qui ne compense pas entièrement la baisse précédente. La consommation des administrations publiques accélère légèrement, de 0,4 % après 0,3 %, portée par les dépenses de fonctionnement courantes. Ce profil de reprise, tiré par la demande extérieure plus que par la demande intérieure, traduit la prudence persistante des ménages français face à un pouvoir d'achat toujours contraint par le niveau des prix de l'énergie.
L'investissement continue de reculer
À l'inverse des exportations, la formation brute de capital fixe — c'est-à-dire l'investissement — recule de nouveau, de 0,3 % après une chute de 0,8 % au premier trimestre. Le repli se concentre sur l'investissement public, en baisse de 1,0 %, et sur celui des ménages, en recul de 0,6 %, tandis que l'investissement des entreprises se stabilise tout juste, à +0,1 %. Cette atonie de l'investissement, qui dure depuis plusieurs trimestres, pèse sur les perspectives de croissance potentielle du pays au-delà du seul rebond conjoncturel du deuxième trimestre.
Ce que cache le chiffre agrégé de la consommation
Le détail de la consommation des ménages, précisé par la direction générale du Trésor dans sa note de conjoncture, affine ce diagnostic d'ensemble : les achats de services accélèrent à +0,2 %, tandis que les achats de biens restent quasiment stables à -0,1 %, avec un rebond marqué des achats de matériels de transport, en hausse de 2,4 % sur le trimestre. Ce contraste entre biens du quotidien et achats d'équipement plus coûteux suggère que le pouvoir d'achat des ménages demeure sous tension sur la consommation courante, même quand quelques dépenses plus importantes, comme l'achat d'un véhicule, repartent ponctuellement.
Des secteurs contrastés
Du côté de l'offre, les services marchands accélèrent nettement, à +0,6 % après +0,1 %, tandis que l'industrie manufacturière ralentit à +0,1 % après +0,5 %, plombée notamment par une baisse de 3,6 % de la production automobile. La construction reste en repli, de 0,5 % après 1,7 %, et l'agriculture enregistre son deuxième trimestre consécutif de baisse, à -0,9 %. Ce contraste entre des services dynamiques et une industrie qui cale illustre une reprise à deux vitesses, cohérente avec le climat prudent observé sur les marchés financiers ces dernières semaines.
Ce que dit ce chiffre de la trajectoire 2026
Ce rebond de 0,2 % reste cohérent avec les prévisions déjà anciennes de l'Insee, qui table sur une croissance annuelle de l'ordre de 0,7 % pour 2026 dans un contexte marqué par le renchérissement de la facture énergétique et l'affaiblissement du pouvoir d'achat des ménages. Les résultats détaillés du deuxième trimestre, attendus le 28 août, permettront d'affiner la lecture sectorielle de ce rebond et de vérifier si la reprise des exportations se prolonge sur le troisième trimestre, ou si elle reste un effet de rattrapage isolé après un début d'année atone. Pour l'heure, l'économie française confirme un scénario de croissance molle plutôt qu'une franche accélération, un diagnostic partagé par la plupart des économistes suivant la conjoncture nationale.
Méthode — Source : Insee, Informations rapides n°184, publiée le 30 juillet 2026 — consultée le 13 août 2026.