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La production industrielle française rebondit faiblement en août, l'automobile recule encore

La production manufacturière remonte de 0,3 % en août selon l'Insee, mais l'industrie dans son ensemble recule encore, pénalisée par l'automobile et l'énergie.

Image d'illustration — des pièces métalliques forgées en sortie de chaîne de production industrielle.
Image d'illustration — des pièces métalliques forgées en sortie de chaîne de production industrielle.Photo : MGR P / Unsplash

Le signal est à peine positif, et il ne concerne qu'une partie de l'appareil productif français. Selon la note de l'Insee « En août 2026, la production manufacturière rebondit partiellement », publiée le 6 octobre, la production manufacturière a progressé de 0,3 % par rapport à juillet, après un recul de 0,8 % le mois précédent. Mais l'indicateur plus large de la production industrielle, qui inclut l'énergie et les industries extractives, affiche lui une nouvelle baisse de 0,3 % sur le mois, après -0,6 % en juillet. Deux lectures d'un même mois, qui racontent une reprise manufacturière encore fragile et inégalement répartie selon les secteurs.

Un rebond tiré par la chimie et les biens d'équipement

Les données, corrigées des variations saisonnières et des effets de calendrier (CVS-CJO), montrent une progression nette dans plusieurs familles de produits. La catégorie regroupant la métallurgie, la chimie et la pharmacie a progressé de 1,2 % sur le mois, celle des biens d'équipement de 0,9 %, et le raffinage-coke a bondi de 3,3 %, un secteur dont les variations mensuelles restent toutefois volatiles par nature. La construction, suivie séparément par l'Insee dans cette même note, a elle aussi progressé de 0,7 % en août. Ces hausses suffisent à expliquer le rebond de l'indice manufacturier global, mais elles ne compensent pas les reculs enregistrés ailleurs dans l'appareil productif.

L'automobile et l'agroalimentaire tirent l'indice vers le bas

À l'inverse, le secteur des matériels de transport — qui recouvre notamment l'industrie automobile et l'aéronautique — a chuté de 2,2 % sur le mois, confirmant une tendance déjà installée depuis plusieurs mois. Les industries agroalimentaires ont reculé de 1,2 %, et les industries extractives ainsi que la production et distribution d'énergie ont plongé de 2,4 %, principal facteur expliquant le repli de l'indice industriel global malgré le rebond manufacturier. Cette divergence sectorielle illustre une économie industrielle à deux vitesses, où des segments exposés à la concurrence internationale, comme l'automobile, continuent de perdre du terrain pendant que d'autres, plus liés à la demande intérieure ou à des cycles de stockage, se redressent ponctuellement.

+0,3 %
Évolution de la production manufacturière en août 2026 (mois sur mois)
-0,3 %
Évolution de la production industrielle totale en août 2026
-2,2 %
Recul du secteur des matériels de transport sur le mois
-0,1 %
Variation de la production industrielle sur juin-août 2026 par rapport à la même période 2025

Une tendance trimestrielle qui reste quasi stable, pas franchement positive

Pris isolément, un seul mois de données industrielles se prête mal à l'interprétation : l'Insee privilégie donc aussi la moyenne glissante sur trois mois pour lisser les à-coups mensuels. Sur la période juin-août 2026, comparée à juin-août 2025, la production industrielle totale apparaît « quasi stable », en recul de seulement 0,1 %, tandis que la production manufacturière recule davantage, de 1,2 % sur un an. La construction, de son côté, affiche une baisse plus marquée de 5,0 % sur la même base de comparaison annuelle, confirmant la difficulté persistante du secteur du bâtiment, déjà documentée par plusieurs indicateurs conjoncturels ces derniers mois.

Un diagnostic qui confirme la prudence des prévisionnistes

Cette publication s'inscrit dans un ensemble de signaux conjoncturels déjà orientés à la baisse cette année : l'Insee avait abaissé sa prévision de croissance pour 2026 à 0,4 %, contre 0,7 % anticipé en juin, invoquant notamment la faiblesse persistante de l'investissement industriel. Le rebond manufacturier d'août, limité et concentré sur quelques filières, ne suffit pas à lui seul à inverser ce diagnostic : l'indice industriel global reste en territoire négatif, et le décrochage de l'automobile — déjà perceptible dans la note de conjoncture sur la croissance en zone euro — continue de peser sur l'ensemble de la filière. La prochaine publication de l'Insee sur ce même indicateur est programmée le 5 novembre, pour les données de septembre, qui diront si ce rebond manufacturier se confirme ou s'il n'était qu'un rattrapage ponctuel après deux mois de recul.