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La Banque de France anticipe une accélération de l'activité en août

La Banque de France table sur une accélération de l'activité en août et maintient sa prévision de croissance de 0,2 % du PIB au troisième trimestre 2026.

Image d'illustration — façade d'un bâtiment bancaire
Image d'illustration — façade d'un bâtiment bancairePhoto : Natalia Gusakova / Unsplash

Le pouls de l'économie réelle bat un peu plus vite. Après un mois de juillet marqué par une progression seulement modérée, les chefs d'entreprise interrogés par la Banque de France anticipent une accélération de l'activité en août, selon l'enquête mensuelle de conjoncture de l'institution. Le baromètre s'appuie sur les réponses de 8 500 entreprises, recueillies entre le 22 juillet et le 5 août 2026 : une base large qui en fait l'un des indicateurs les plus suivis pour prendre la température de la conjoncture française, bien avant la publication des comptes officiels.

Une reprise graduelle, secteur par secteur

Le message d'ensemble est celui d'une amélioration progressive, sans emballement. Dans l'industrie, la progression de juin s'était révélée plus faible qu'anticipé ; après un rattrapage technique, la production repart modérément, soutenue principalement par les branches liées à l'énergie, aux investissements technologiques et à la défense. Cette dépendance à quelques secteurs porteurs recoupe très exactement ce que révèlent les publications d'entreprises : ce sont les mêmes moteurs — électrification, numérique, armement — qui tirent aussi les relèvements d'objectifs des groupes du CAC 40.

Les services marchands, eux, ont suivi une trajectoire comparable en juillet, avec une croissance modérée. Le bâtiment reste le maillon le plus fragile de la chaîne, toujours pénalisé par un marché immobilier convalescent. Mais pour août, la tonalité générale des anticipations se redresse : les dirigeants tablent sur une activité plus soutenue, signe que le trou d'air du printemps semble derrière eux.

8 500
Entreprises interrogées pour l'enquête
0,2 %
Croissance du PIB anticipée au 3e trimestre
5 août
Date de clôture de la collecte des réponses

Le PIB attendu en hausse de 0,2 % au troisième trimestre

C'est la conclusion la plus commentée : la Banque de France maintient sa prévision d'une croissance de 0,2 % du produit intérieur brut au troisième trimestre 2026. Un rythme modeste, mais positif, qui prolongerait la dynamique observée au printemps. Le deuxième trimestre s'était en effet soldé par un rebond de 0,2 % du PIB selon l'INSEE ; enchaîner deux trimestres à ce niveau écarterait le scénario d'un décrochage et confirmerait une croissance faible mais régulière.

L'institution assortit toutefois sa prévision d'une réserve explicite : l'estimation reste « soumise aux incertitudes géopolitiques et climatiques ». La formule n'est pas rhétorique. Les tensions internationales pèsent sur les prix de l'énergie — le même phénomène qui nourrit aujourd'hui le regain d'inflation — tandis que les épisodes météorologiques extrêmes de l'été, incendies compris, ont des effets concrets sur l'activité de plusieurs régions. Deux variables largement hors de portée de la politique économique nationale.

Un financement solide mais plus cher

Reste la question du carburant de l'investissement : le crédit. Sur ce front, l'enquête trimestrielle de la Banque de France dresse un tableau en demi-teinte. L'accès au crédit d'investissement demeure très ouvert, avec des taux d'obtention de 98 % pour les PME et de 93 % pour les entreprises de taille intermédiaire au premier trimestre — des niveaux qui témoignent d'un système bancaire disposé à financer les projets de long terme. En revanche, l'accès au crédit de trésorerie se resserre : le taux d'obtention des PME recule de 85 % à 82 %, celui des ETI de 85 % à 80 %.

Surtout, l'argent coûte plus cher. Le coût des nouveaux financements a légèrement augmenté pour toutes les tailles d'entreprise, atteignant 3,49 % pour les PME, 3,74 % pour les ETI et 3,29 % pour les grandes entreprises. Rien de dramatique, mais une contrainte supplémentaire pour la trésorerie des plus petites structures, au moment précis où la hausse des prix de l'énergie alourdit leurs charges courantes.

Une croissance sous conditions

Le portrait qui se dégage est cohérent : une économie française qui progresse à petits pas, tirée par quelques secteurs stratégiques, dans un environnement où le financement reste disponible mais un peu plus onéreux. Rien qui ressemble à une accélération franche, mais rien non plus qui annonce un retournement. Pour les dirigeants d'entreprise, le principal enseignement est ailleurs : les aléas qui pèsent sur cette trajectoire — prix de l'énergie, climat, géopolitique — sont désormais moins conjoncturels que structurels. La croissance de la fin 2026 se jouera autant sur ces facteurs externes que sur le carnet de commandes.

Méthode — Sources : enquête mensuelle de conjoncture de la Banque de France (début août 2026), 8 500 entreprises interrogées.