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Conjoncture : la Banque de France confirme une croissance de 0,1 % au troisième trimestre

L'enquête mensuelle de la Banque de France début octobre confirme une croissance modeste, portée par les services, alors que l'incertitude remonte chez les chefs d'entreprise.

Image d'illustration — des salariés en tenue de travail devant un site industriel, un des secteurs scrutés chaque mois par l'enquête de conjoncture.
Image d'illustration — des salariés en tenue de travail devant un site industriel, un des secteurs scrutés chaque mois par l'enquête de conjoncture.Photo : Omar Ramadan / Unsplash

La croissance française reste poussive mais tient le cap. Dans son enquête mensuelle de conjoncture publiée le 12 octobre, la Banque de France confirme une progression du PIB de 0,1 % au troisième trimestre 2026, sur la base des réponses de près de 8 500 entreprises et établissements interrogés entre le 27 septembre et le 5 octobre.

Industrie dynamique, services qui accélèrent, construction atone

Le détail sectoriel dessine une France à plusieurs vitesses. Dans l'industrie, l'activité a continué de progresser en septembre, avec une production restée dynamique dans l'aéronautique, tandis qu'elle demeure faible dans le bois-papier-imprimerie et le caoutchouc-plastique-verre. Les services aux entreprises tirent la croissance du secteur tertiaire, qui accélère globalement, alors que les transports et la restauration reculent. La construction, de son côté, « évolue peu » : l'activité progresse faiblement malgré un rebond observé dans le gros œuvre.

+0,1%
Croissance du PIB confirmée pour le troisième trimestre 2026
8 500
Entreprises et établissements interrogés pour cette enquête
18%
Part des entreprises déclarant des difficultés de recrutement

Point commun à plusieurs secteurs : une dégradation de la situation de trésorerie, légère dans l'industrie, plus marquée dans les services. Un signal à surveiller, car il précède souvent des arbitrages sur l'investissement ou l'emploi dans les mois suivants.

L'incertitude remonte après plusieurs mois de recul

Signe que la normalisation observée depuis le printemps n'est pas acquise, l'indicateur d'incertitude des chefs d'entreprise « remonte significativement » en septembre, après une tendance à la baisse engagée depuis mars. La Banque de France pointe deux sources de préoccupation déjà identifiées par les dirigeants interrogés : l'évolution du coût des carburants et celle du pouvoir d'achat des ménages, deux variables qui pèsent directement sur la demande intérieure, premier moteur de la croissance française.

Cette remontée de l'incertitude coïncide avec une légère tension sur le marché du travail : les difficultés de recrutement concernent désormais 18 % des entreprises interrogées, une proportion en légère hausse. Après plusieurs trimestres de détente progressive sur ce front, ce chiffre suggère que les tensions de recrutement, loin d'avoir disparu, restent sensibles aux à-coups de la conjoncture.

Des perspectives prudemment orientées à la hausse pour octobre

Pour le mois d'octobre, les chefs d'entreprise interrogés anticipent une accélération de la production industrielle, une progression modérée de l'activité dans les services, et une stabilité dans le bâtiment. Ces anticipations, si elles se confirment, iraient dans le sens d'une consolidation de la trajectoire de croissance plutôt que d'une rupture, dans la ligne de ce qu'observe l'Insee dans son tableau de bord de la conjoncture, qui relevait un pouvoir d'achat des ménages en recul de 0,6 % par unité de consommation au deuxième trimestre.

Le message de la Banque de France pour ce début d'automne tient donc en une formule : pas de rechute, mais pas d'accélération franche non plus. Avec une croissance annuelle 2026 toujours calée sur 0,4 % selon l'institution, chaque dixième de point gagné ou perdu au quatrième trimestre pèsera directement sur le débat budgétaire qui s'ouvre à l'Assemblée nationale, où les hypothèses de recettes fiscales reposent largement sur la trajectoire de l'activité économique.

Ce que cette enquête ne dit pas encore

L'enquête mensuelle de conjoncture a ses limites : construite à partir de jugements qualitatifs de chefs d'entreprise sur leur propre activité, elle anticipe des tendances mais ne remplace pas les comptes nationaux détaillés que l'Insee publiera plus tard pour le troisième trimestre. Elle a toutefois l'avantage de la rapidité : publiée dès le milieu du mois suivant la période couverte, elle permet à la Banque de France d'affiner en continu sa prévision de croissance trimestrielle, bien avant les statistiques officielles. Les écarts entre cette première estimation et le chiffre définitif de l'Insee restent généralement limités, de l'ordre de quelques dixièmes de point, ce qui en fait un indicateur avancé suivi de près par les acteurs économiques et les administrations.

La prochaine publication, qui portera sur le mois d'octobre, sera scrutée avec une attention particulière : elle permettra de vérifier si la remontée de l'incertitude observée en septembre se traduit par un ralentissement concret de l'activité, ou si elle reste pour l'instant un signal d'inquiétude sans conséquence immédiate sur les décisions d'investissement et d'embauche des entreprises françaises.