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Conjoncture

Le nombre de demandeurs d'emploi augmente de 0,9 % au troisième trimestre

France Travail recense 30 400 inscrits de plus en catégorie A au troisième trimestre 2026, confirmant une dégradation continue du marché du travail français.

Image d'illustration — l'intérieur d'un espace de bureaux. Les demandeurs d'emploi s'inscrivent et suivent leur dossier auprès de France Travail.
Image d'illustration — l'intérieur d'un espace de bureaux. Les demandeurs d'emploi s'inscrivent et suivent leur dossier auprès de France Travail.Photo : Craig Lovelidge / Unsplash

La dégradation du marché du travail français, amorcée depuis plusieurs trimestres, ne montre toujours aucun signe d'essoufflement.

Selon les chiffres publiés fin octobre par la Dares et France Travail, le nombre de demandeurs d'emploi inscrits en catégorie A — c'est-à-dire sans aucune activité — a augmenté de 0,9 % au troisième trimestre 2026, soit 30 400 personnes supplémentaires, une trajectoire haussière largement reprise par la presse économique.

Sur un an, la hausse atteint 2,1 %, un rythme qui, sans être spectaculaire trimestre après trimestre, dessine une tendance de fond préoccupante pour l'exécutif à l'approche de la présidentielle de 2027.

Une hausse qui s'ajoute à un recul du PIB

Cette publication intervient dans un contexte macroéconomique déjà fragile : l'Insee a annoncé début novembre que le PIB français avait reculé de 0,1 % au troisième trimestre 2026, signe d'une économie qui exporte moins et produit moins qu'anticipé.

La hausse du chômage n'est donc pas un accident isolé : elle est la traduction sur l'emploi d'un ralentissement économique plus large, que les économistes avaient commencé à pointer dès le printemps 2026.

Le lien entre les deux indicateurs est mécanique : quand l'activité ralentit, les entreprises réduisent leurs embauches avant, parfois, de procéder à des suppressions de postes — une séquence que plusieurs secteurs industriels et de la distribution ont déjà entamée cette année.

+0,9 %
Hausse du nombre de demandeurs d'emploi en catégorie A au troisième trimestre 2026
30 400
Inscrits supplémentaires à France Travail sur le trimestre
+2,1 %
Évolution sur un an du nombre de demandeurs d'emploi

L'apprentissage, un angle mort de la statistique

Un second indicateur publié par l'Insee dans le même calendrier éclaire une partie de cette dégradation : l'institut souligne que le recul de l'apprentissage pèse directement sur l'emploi salarié privé, qui aurait perdu près de 26 000 postes sur la période récente selon les premières estimations relayées par la presse spécialisée.

La réduction des aides à l'apprentissage, votée dans le cadre des économies budgétaires successives depuis 2024, produit ainsi un effet statistique direct : des jeunes qui auraient été comptés comme salariés en contrat d'apprentissage se retrouvent soit en recherche d'emploi, soit hors des radars de l'emploi salarié classique.

C'est un rappel utile que la hausse du chômage n'a pas une cause unique, mais résulte de l'addition de plusieurs phénomènes : ralentissement conjoncturel, désincitation à l'apprentissage et, plus structurellement, les gains de productivité dans certains secteurs de services.

France Travail défend sa stratégie

Face à ces chiffres, la direction de France Travail a défendu publiquement l'efficacité de ses réformes récentes, estimant qu'elles permettent de « contenir » une hausse qui, sans ces mesures d'accompagnement renforcé, aurait pu être plus marquée — un argument rapporté notamment par Les Échos.

L'organisme met en avant le renforcement du suivi individualisé des chômeurs de longue durée et la réforme de l'assurance chômage entrée en vigueur ces derniers mois, censée inciter au retour plus rapide vers l'emploi.

Cet argumentaire, classique en période de dégradation statistique, reste difficile à vérifier empiriquement : aucune publication indépendante ne permet à ce stade de chiffrer l'ampleur de la hausse qui aurait eu lieu « sans » ces réformes.

« Nos réformes permettent de contenir la hausse du chômage dans un contexte économique dégradé, en accélérant l'accompagnement des demandeurs d'emploi de longue durée. »

Un porte-parole de France Travail, cité par Les Échos

Une pression politique qui s'annonce croissante

À quelques mois de la campagne présidentielle de 2027, cette statistique trimestrielle va immanquablement nourrir le débat public sur le bilan économique du quinquennat.

Les disparités territoriales restent par ailleurs marquées : la presse régionale, à l'image du Berry Républicain dans le Cher, signale des hausses locales parfois supérieures à la moyenne nationale, traduisant l'exposition inégale des bassins d'emploi aux difficultés de l'industrie et de la construction.

Pour les prochains trimestres, l'indicateur à surveiller sera la bascule, ou non, de cette hausse modérée mais continue vers une dégradation plus brutale, si le recul du PIB observé au troisième trimestre venait à se prolonger au quatrième.