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Daher confie sa direction générale à Michel Denis, l'ex-patron de Manitou

L'équipementier aéronautique Daher installe Michel Denis comme directeur général, aux côtés d'Aymeric Daher promu directeur général délégué.

Image d'illustration — hangar d'assemblage aéronautique
Image d'illustration — hangar d'assemblage aéronautiquePhoto : mos design / Unsplash

Le conseil d'administration de Daher a nommé Michel Denis directeur général du groupe, avec prise de fonction effective le 1er juillet, selon le communiqué officiel de l'entreprise. Âgé de 61 ans, il quitte la direction générale de Manitou, groupe familial spécialiste de la manutention qu'il dirigeait depuis plus de douze ans, pour reprendre les rênes de cet équipementier et avionneur français fondé en 1863.

Une gouvernance à deux têtes plutôt qu'une rupture

Le choix retenu par le conseil, présidé par Thibault Scaramanga, n'est pas celui d'un simple remplacement mais d'une architecture de direction à deux têtes : Aymeric Daher, qui dirigeait jusqu'ici le groupe familial, devient directeur général délégué aux côtés de Michel Denis. Le président du conseil a justifié ce choix en évoquant une volonté de complémentarité plutôt que de rupture.

« Michel Denis apporte une expertise industrielle et un regard neuf, dans un partenariat ambitieux avec Aymeric Daher pour le développement du groupe. »

Thibault Scaramanga, président du conseil d'administration de Daher

Cette formule répond à un enjeu classique des groupes familiaux de taille intermédiaire : faire entrer une compétence de direction générale expérimentée sans effacer la légitimité de la famille fondatrice dans la gouvernance. Aymeric Daher conserve ainsi un rôle exécutif de premier plan, tandis que Michel Denis apporte une expérience de transformation industrielle acquise sur plus d'une décennie.

Le parcours d'un redresseur industriel

Ingénieur diplômé de Centrale Lyon et d'ESSEC, Michel Denis a occupé des postes de direction chez Dalkia, Johnson Controls et Fraikin avant de prendre la tête de Manitou en 2014. Sous sa direction, le groupe vendéen — leader mondial de la manutention et du levage de personnes, présent dans 35 pays — a connu une phase de redressement puis de croissance soutenue, jusqu'à afficher un chiffre d'affaires de 2,7 milliards d'euros. C'est cette expérience de transformation d'un groupe industriel familial et international que Daher entend mettre à profit.

1,9 Md€
Chiffre d'affaires de Daher en 2025
14 500
Salariés du groupe dans le monde
17
Pays d'implantation, en Europe, Amérique du Nord et Asie

Pourquoi ce changement maintenant

Daher opère dans des marchés — aérostructures, systèmes industriels, logistique aéronautique — directement exposés à la fois à la reprise du trafic aérien mondial et à la montée en cadence des commandes militaires, deux dynamiques qui exigent des investissements industriels lourds et une exécution rigoureuse. Le climat d'investissement industriel français reste porteur en 2026, à en juger par plusieurs annonces récentes de grands projets, mais il exige des directions capables de conduire des transformations opérationnelles complexes — précisément le registre où Michel Denis a fait ses preuves chez Manitou.

Ce que cette nomination dit des groupes familiaux français

Le cas Daher illustre une tendance plus large observée chez les entreprises familiales françaises de taille intermédiaire : plutôt que de choisir entre transmission familiale pure et recrutement externe classique, un nombre croissant de groupes optent pour des architectures hybrides associant un dirigeant expérimenté venu de l'extérieur à un représentant de la famille fondatrice. Cette solution permet de sécuriser une expertise de direction générale rare sur le marché du travail, tout en conservant l'ancrage patrimonial et la vision de long terme propres aux groupes familiaux — un équilibre souvent présenté comme un avantage compétitif face à des concurrents cotés soumis à une pression trimestrielle plus forte.

Ce type de transition n'est pas isolé : plusieurs groupes industriels familiaux français ont fait des choix similaires ces dernières années, recrutant un dirigeant externe expérimenté au moment où leur développement international ou leurs besoins d'investissement dépassaient les compétences disponibles en interne. La différence, chez Daher, tient à la place que la famille fondatrice conserve dans l'exécutif plutôt qu'au seul niveau du conseil d'administration, ce qui distingue cette gouvernance hybride d'un simple passage de témoin vers un actionnariat purement financier.

Les défis qui attendent le nouveau directeur général

Michel Denis prend ses fonctions dans un contexte où Daher doit à la fois poursuivre sa diversification entre aviation d'affaires, systèmes industriels et logistique, et absorber la montée en cadence de plusieurs programmes aéronautiques majeurs. Sa capacité à reproduire chez Daher la trajectoire de redressement qu'il a menée chez Manitou sera le premier test de cette gouvernance à deux têtes, dont les résultats concrets ne seront mesurables que dans plusieurs trimestres. Le groupe n'a pas communiqué d'objectifs chiffrés associés à cette nomination, une réserve habituelle pour une entreprise non cotée qui ne publie pas de guidance financière publique.

Méthode — Source : communiqué officiel de Daher, complété par Le Journal de l'Aviation et L'Usine Nouvelle — consultés le 7 août 2026.