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Résultats trimestriels

Sanofi relève ses objectifs 2026 après un troisième trimestre porté par Dupixent

Le laboratoire français affiche une croissance de 14,3 % de ses ventes au troisième trimestre, tirée par Dupixent, et rehausse sa guidance annuelle de bénéfice.

Image d'illustration — une scientifique en laboratoire pharmaceutique. Sanofi tire sa croissance de ses médicaments issus de la recherche, au premier rang desquels Dupixent.
Image d'illustration — une scientifique en laboratoire pharmaceutique. Sanofi tire sa croissance de ses médicaments issus de la recherche, au premier rang desquels Dupixent.Photo : Julia Koblitz / Unsplash

Sanofi n'en finit plus de faire mentir ceux qui redoutaient, il y a deux ans encore, un trou d'air post-Covid pour le groupe pharmaceutique français.

Dans son communiqué publié le 30 octobre, Sanofi annonce des ventes nettes de 14,444 milliards d'euros au troisième trimestre 2026, en hausse de 14,3 % à taux de change constants, et relève pour la seconde fois cette année sa guidance annuelle.

La directrice générale Belén Garijo parle d'un « nouveau trimestre solide », porté avant tout par les nouveaux médicaments du groupe et par l'anticorps vedette Dupixent.

Dupixent, toujours plus haut

Dupixent, traitement de référence contre l'eczéma atopique, l'asthme et plusieurs maladies inflammatoires, a généré 5,7 milliards d'euros de ventes sur le trimestre, en progression de 34,8 % sur un an.

C'est la deuxième fois seulement que la molécule, co-développée avec l'américain Regeneron, franchit la barre des 5 milliards d'euros sur un seul trimestre.

À elle seule, elle représente désormais près de 40 % des ventes nettes totales du groupe, une concentration qui nourrit en creux l'inquiétude de marché sur l'« après-Dupixent », alors que son brevet américain arrivera à expiration dans les prochaines années.

Sanofi assume cette dépendance à court terme tout en préparant l'étape suivante : le communiqué évoque l'élargissement de l'alliance avec Regeneron sur de nouveaux anticorps en immunologie, signée au cours du trimestre, comme un pas vers la diversification du portefeuille.

14,44 Md€
Ventes nettes du troisième trimestre (+14,3 % à taux de change constants)
5,7 Md€
Ventes de Dupixent sur le trimestre (+34,8 %)
3,55 €
Bénéfice par action « business » du trimestre (+19,6 %)

Les nouveaux lancements prennent le relais

Le deuxième moteur de croissance, plus discret mais significatif pour l'avenir du groupe, vient des produits récemment lancés.

Les ventes des lancements pharmaceutiques ont bondi de 31,4 % à 1,4 milliard d'euros, portées par trois médicaments : ALTUVIIIO contre l'hémophilie, Ayvakit en oncologie et Rezurock contre une complication sévère des greffes de moelle.

C'est précisément ce relais que Sanofi doit démontrer aux investisseurs pour crédibiliser sa trajectoire au-delà de Dupixent : une poignée de molécules encore jeunes qui croissent plus vite que la moyenne du portefeuille.

À l'inverse, l'activité vaccins a reculé de 6,6 % à 3,2 milliards d'euros, un repli que le groupe attribue à un décalage calendaire dans la saison des vaccins respiratoires plutôt qu'à une perte de parts de marché.

« Sanofi a signé un nouveau trimestre solide avec une croissance à deux chiffres de 14,3 % des ventes, principalement tirée par nos nouveaux médicaments et par Dupixent. Le bénéfice par action business a progressé de 19,6 %, porté par la discipline sur les coûts. »

Belén Garijo, directrice générale de Sanofi

Une rentabilité qui s'améliore plus vite que les ventes

Au-delà du chiffre d'affaires, c'est la discipline sur les coûts qui a le plus impressionné les analystes.

Les frais commerciaux et généraux ont reculé de 0,9 % à 2,3 milliards d'euros alors même que les ventes à deux chiffres auraient pu justifier une hausse des dépenses, tandis que les frais de recherche et développement sont restés globalement stables à 1,8 milliard d'euros.

Résultat : le bénéfice par action « business », l'indicateur non-IFRS privilégié par le marché, a grimpé de 19,6 % à taux de change constants, à 3,55 euros, nettement plus vite que les ventes elles-mêmes.

Le résultat net IFRS, lui, s'établit à 2,52 euros par action sur le trimestre, mais recule de 41,1 % sur les neuf premiers mois de l'année — un écart qui s'explique par des éléments non récurrents liés à la réorganisation du portefeuille et que le marché regarde traditionnellement avec moins d'attention que les indicateurs ajustés.

Une guidance relevée pour la deuxième fois en 2026

Fort de cette performance, Sanofi a relevé ses objectifs annuels : le groupe attend désormais une croissance des ventes « de l'ordre de 10 à 14 % » à taux de change constants et une progression du bénéfice par action business « de l'ordre de 10 à 20 % », contre des fourchettes plus prudentes communiquées lors des trimestres précédents.

Cette révision à la hausse intervient alors que le titre Sanofi a progressé d'environ 5 % en Bourse le jour de la publication, une réaction largement commentée par la presse économique française, avec le CAC 40 porté ce jour-là par les valeurs pharmaceutiques.

Reste la question structurelle que Belén Garijo elle-même pose dans le communiqué : organiser « la trajectoire post-Dupixent » du groupe sur la prochaine décennie, en s'appuyant sur le développement interne, les partenariats — comme celui noué avec l'allemand Cheplapharm pour céder une partie du portefeuille de médicaments matures — et de futures opérations de fusion-acquisition.

Pour l'instant, le trimestre écoulé achète du temps à la direction : Dupixent continue de croître à un rythme que peu de blockbusters pharmaceutiques peuvent revendiquer six ans après son lancement, et les nouveaux relais commencent, timidement, à prendre le relais.