Analyse · Marchés
Schneider Electric relève ses objectifs après un troisième trimestre record
Porté par les centres de données, le chiffre d'affaires de Schneider Electric bondit de 17,9% au T3, à 11,5 milliards d'euros, un record trimestriel.

Schneider Electric a publié le 16 octobre un chiffre d'affaires trimestriel « record », selon les mots du groupe lui-même : 11,46 milliards d'euros au troisième trimestre 2026, en croissance organique de 16,9% et en croissance publiée de 17,9%. D'après le communiqué de résultats, cette performance s'accompagne d'un deuxième relèvement des objectifs financiers annuels du groupe, qui vise désormais une croissance organique de la marge d'EBITA ajustée comprise entre 18% et 21%.
Les centres de données, moteur devenu structurel
Le chiffre le plus frappant du communiqué concerne la demande liée aux centres de données : elle affiche une croissance à trois chiffres pour le troisième trimestre consécutif. Ce n'est donc plus un pic ponctuel lié à un ou deux contrats majeurs, mais une tendance installée depuis le début de l'année. Olivier Blum, directeur général de Schneider Electric, le confirme dans le communiqué : « les centres de données restent un moteur clé de croissance, alors que nous continuons à exécuter notre carnet de commandes tout en enregistrant au cours du trimestre une demande en hausse à trois chiffres, renforçant la visibilité pour 2027 et 2028. »
« Nous réalisons au troisième trimestre un chiffre d'affaires record de 11,5 milliards d'euros, en croissance organique de 17%, démontrant la force de notre proposition de valeur à travers les marchés finaux et les zones géographiques. »
Olivier Blum, directeur général de Schneider ElectricDans le détail par activité, Gestion de l'énergie — qui pèse l'essentiel du chiffre d'affaires du groupe — progresse de 19% en organique, tirée par les solutions préfabriquées pour centres de données, les onduleurs triphasés et le refroidissement. Automatismes industriels, plus petite mais en reprise, croît de 8%, portée par le redémarrage du marché des industries manufacturières discrètes. Par zone géographique, la Chine et l'Asie de l'Est caracolent en tête avec +32,4% organique, suivies de l'Amérique du Nord à +20,3% ; l'Europe, plus mature, se contente d'une progression de 9,2%.
L'ombre du rachat de PTC plane sur les résultats
Le communiqué ne manque pas de rappeler, en toile de fond, l'opération la plus commentée de l'automne pour le groupe : la signature début octobre d'un accord définitif pour racheter l'américain PTC, spécialiste des logiciels industriels, pour un montant évalué à environ 20 milliards d'euros selon la presse financière. Olivier Blum y voit « une étape majeure dans la concrétisation de notre vision de l'intelligence énergétique et industrielle », avec l'ambition de créer, selon ses mots, « un digital thread unique au service de la prochaine génération d'IA industrielle ».
Cette acquisition, bien plus structurante financièrement que la croissance organique du trimestre, n'apparaît pas encore dans les chiffres de chiffre d'affaires puisqu'elle n'est pas close. Mais elle explique en partie pourquoi l'action du groupe a réagi de façon contrastée ces derniers jours : les investisseurs saluent la performance opérationnelle tout en questionnant le prix payé et l'intégration à venir d'un acteur logiciel pur dans un groupe historiquement orienté matériel électrique et automatismes.
Un carnet de commandes à son plus haut niveau
Point notable du communiqué : le groupe indique terminer le trimestre avec un carnet de commandes à un « nouveau niveau record », ce qui constitue un indicateur avancé plus fiable que le seul chiffre d'affaires trimestriel pour anticiper l'activité des prochains mois. Cette visibilité s'accompagne toutefois de nuances sectorielles : le marché des bâtiments résidentiels reste atone en dehors de l'Inde, et les industries de process continu — chimie, énergie — sont freinées par la faiblesse persistante de la demande chinoise.
Pour Schneider Electric, la difficulté des prochains trimestres sera moins de maintenir la dynamique des centres de données — portée par une demande mondiale en intelligence artificielle qui ne montre pas de signe de ralentissement — que de prouver que l'intégration de PTC crée réellement la valeur promise, sans diluer la rentabilité qui vient justement d'être revue à la hausse.