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Vivendi : un bénéfice maintenu au premier semestre, mais l'EBITA plombé par le plan de départs
Un an après sa scission, Vivendi publie 140 M€ de chiffre d'affaires et 28 M€ de bénéfice, mais son résultat opérationnel s'effondre sous l'effet d'un plan de départs.

Neuf mois après avoir éclaté en plusieurs entités, le Vivendi nouvelle formule livre son deuxième bilan semestriel — et il ressemble à celui d'une holding en pleine transition. Le groupe a publié le 3 septembre un chiffre d'affaires de 140 millions d'euros et un bénéfice net part du groupe de 28 millions pour le premier semestre 2026. Des chiffres en léger retrait sur un an, mais qui masquent une réalité plus rude au niveau opérationnel : le résultat d'exploitation a fondu, victime d'un coûteux plan de départs au siège.
Une holding recentrée sur Gameloft et ses participations
Depuis la scission du 13 décembre 2024, orchestrée par le groupe Bolloré, Vivendi n'est plus le conglomérat des médias qu'il fut. Canal+, Havas et Louis Hachette Group ont été cotés séparément, laissant un Vivendi réduit à une société de participations dont le principal actif opérationnel est Gameloft, l'éditeur de jeux vidéo pour mobiles, complété d'un portefeuille de titres cotés et non cotés.
Cette nouvelle silhouette explique la modestie des montants. Le chiffre d'affaires ressort à 140 millions d'euros, contre 145 millions un an plus tôt, soit un recul de 3,5 %. Le groupe l'impute à la saisonnalité de Gameloft, dont les sorties de jeux majeures sont concentrées sur le second semestre : la comparaison d'une période à l'autre a donc peu de sens tant que l'année n'est pas bouclée.
Le plan de départs qui grève l'exploitation
Le point noir se loge dans le résultat opérationnel ajusté. L'EBITA tombe à 4 millions d'euros, contre 18 millions au premier semestre 2025. La cause est identifiée : une rupture conventionnelle collective au siège du groupe, c'est-à-dire un dispositif de départs volontaires négocié avec les représentants du personnel. Corrigé de cet effet ponctuel, l'EBITA se serait établi à 25 millions d'euros, en progression.
Cette dépense n'est pas un accident de gestion mais la conséquence logique de la scission : une fois les grandes filiales détachées et cotées à part, une holding n'a plus besoin de la même structure de siège que le conglomérat d'origine. Le plan de départs solde une partie de cet héritage. Il pèse sur les comptes d'aujourd'hui pour alléger ceux de demain — une équation classique des groupes qui se réorganisent, et qui rappelle combien le durcissement des règles autour des ruptures de contrat est devenu un paramètre à part entière des décisions d'entreprise.
La lecture des comptes d'une société de participations ne se limite d'ailleurs pas au chiffre d'affaires opérationnel. L'essentiel de la valeur de Vivendi réside dans son portefeuille de titres, cotés et non cotés, dont les variations de juste valeur peuvent peser bien plus lourd que l'activité de Gameloft sur le résultat d'un semestre. C'est la particularité de ce type de structure : ses performances tiennent autant à la gestion avisée d'un patrimoine financier qu'à la marche de ses filiales industrielles, ce qui rend la comparaison avec un groupe classique largement trompeuse.
Gameloft, moteur attendu du second semestre
Tout l'enjeu des prochains mois se concentre sur l'éditeur de jeux mobiles. Gameloft concentre ses lancements majeurs sur la fin d'année, période commercialement décisive pour le secteur du jeu vidéo, portée par les fêtes et les temps d'écran plus longs. Le repli du chiffre d'affaires semestriel n'a donc, en soi, rien d'alarmant : il reflète un calendrier, pas une érosion de la demande. La vraie mesure de la santé opérationnelle du groupe se lira sur l'exercice complet, quand les sorties de la seconde moitié d'année auront produit leurs effets.
Pour l'actionnaire de référence, ces résultats valident au moins un point : la nouvelle architecture fonctionne sans à-coups majeurs neuf mois après sa mise en place. La démonstration de création de valeur, elle, reste à faire.
Ce que disent ces comptes de la stratégie Bolloré
Au-delà des lignes comptables, ces résultats confirment la trajectoire voulue par l'actionnaire de référence. En transformant Vivendi en pure société de participations, le groupe Bolloré s'est doté d'un véhicule souple, capable de gérer un portefeuille d'actifs sans les contraintes d'un grand groupe intégré. Le maintien d'un bénéfice net positif, malgré le repli du chiffre d'affaires et le coût du plan de départs, montre que la mécanique financière tient. Reste à démontrer, sur le second semestre, que Gameloft peut redevenir un moteur de croissance à part entière, et non le seul amortisseur d'une holding en quête de nouveau souffle.