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Airbus : les défauts qualité sur l'A321neo et l'A330 freinent les livraisons au T3
Chiffre d'affaires en baisse de 2 % au troisième trimestre, à 17,5 milliards d'euros : Airbus paie des problèmes de qualité sur l'A321neo et l'A330, mais vise toujours 870 livraisons sur l'année.

Airbus a publié mercredi des résultats du troisième trimestre marqués par un recul inhabituel de ses livraisons, conséquence directe de défauts de qualité détectés sur deux familles d'appareils phares, l'A321neo et l'A330. Le constructeur européen a livré 196 avions entre juillet et septembre, contre 201 un an plus tôt, un chiffre en retrait qui tranche avec le rythme de rattrapage affiché depuis le début de l'année.
Un chiffre d'affaires en retrait de 2 %
Le groupe a enregistré un chiffre d'affaires trimestriel de 17,5 milliards d'euros, en baisse de 2 % sur un an, directement lié au ralentissement des livraisons commerciales. Le résultat opérationnel ajusté s'établit à 1,77 milliard d'euros, tandis que le bénéfice net progresse de 20 % à 1,3 milliard d'euros sur la période, porté notamment par des éléments financiers favorables. Sur les neuf premiers mois de l'année, Airbus affiche un chiffre d'affaires de 50,6 milliards d'euros, contre 47,3 milliards un an plus tôt, et un EBIT ajusté de 4,5 milliards d'euros. Le détail des comptes figure dans le communiqué officiel du groupe.
Le segment Avions commerciaux reste le principal moteur du groupe, avec des revenus en hausse de 8 % à 36,7 milliards d'euros sur neuf mois, tirés par la hausse des livraisons cumulées — 547 appareils depuis janvier contre 507 sur la même période 2025 — et par la croissance des activités de services. Le carnet de commandes atteint 9 310 avions commerciaux fin septembre, un niveau qui sécurise plusieurs années de production.
Deux familles d'avions sous surveillance qualité
Le trimestre a été pénalisé par des problèmes de qualité industrielle touchant l'A321neo, le plus vendu de la famille A320, et le long-courrier A330. Ces défauts ont ralenti le rythme de certification et de livraison des appareils concernés, alors même que la demande commerciale ne faiblit pas : le groupe a enregistré 1 174 commandes brutes sur neuf mois, pour 1 105 commandes nettes après annulations.
« Dans un contexte géopolitique et opérationnel complexe, nous nous concentrons sur les livraisons tout en restant intransigeants sur la qualité. »
Guillaume Faury, directeur général d'AirbusLa direction commerciale du groupe, incarnée par Lars Wagner, a affiché sa confiance dans la capacité d'Airbus à combler l'écart au quatrième trimestre, la majorité des appareils en attente de livraison se trouvant déjà en phase d'assemblage final.
Objectifs annuels inchangés, un record en ligne de mire
Malgré ce trimestre poussif, Airbus maintient son objectif de livrer environ 870 avions commerciaux sur l'ensemble de 2026 — un niveau qui dépasserait le record d'avant-pandémie de 863 appareils atteint en 2019. Le groupe confirme également viser un résultat opérationnel ajusté proche de 7,5 milliards d'euros et un flux de trésorerie disponible avant financement clients d'environ 4,5 milliards d'euros.
Sur la montée en cadence industrielle, Airbus confirme viser une production mensuelle de 13 appareils A220 en 2028, et continue de viser une cadence de 70 à 75 avions par mois sur la famille A320 d'ici fin 2027 — un calendrier que les nouveaux retards de qualité n'ont, pour l'instant, pas remis en cause publiquement.
Les autres branches du groupe en ordre de marche
Au-delà des avions commerciaux, les autres activités d'Airbus affichent une dynamique plus favorable sur les neuf premiers mois de l'année. Airbus Helicopters a enregistré 311 commandes nettes, pour un carnet de commandes de 1 122 appareils, et a livré 226 hélicoptères, avec un chiffre d'affaires globalement stable à 5,6 milliards d'euros. La division Defence and Space affiche quant à elle un momentum commercial jugé très solide par le groupe, avec des prises de commandes d'une valeur de 11,5 milliards d'euros sur la période — un niveau qui reflète la hausse générale des budgets de défense en Europe depuis plusieurs années.
Cette diversification limite mécaniquement l'impact des déboires de qualité sur l'avion commercial : si l'A321neo et l'A330 concentrent l'attention cette semaine, le groupe dans son ensemble continue d'afficher une croissance de ses revenus sur neuf mois, portée par la combinaison des trois branches.
Une montée en cadence qui ne souffre aucun retard supplémentaire
Le calendrier industriel d'Airbus ne laisse que peu de marge de manœuvre : la cadence de production de la famille A320, qui doit atteindre 70 à 75 appareils par mois fin 2027, constitue la pierre angulaire de l'objectif de 870 livraisons visé pour l'année en cours, puis de la croissance attendue au-delà. Tout nouveau défaut de qualité détecté sur une chaîne de production aussi tendue se traduit immédiatement par un goulot d'étranglement, comme l'illustre le repli des livraisons de ce troisième trimestre.
Pour les compagnies aériennes clientes, déjà confrontées à une pénurie mondiale de capacité de transport aérien, ces retards de livraison ont des répercussions directes sur leurs propres plans de flotte et de croissance. Airbus devra donc démontrer au quatrième trimestre que les correctifs apportés sur l'A321neo et l'A330 permettent un rattrapage suffisant pour ne pas entamer durablement la confiance de ses clients, dans un marché où Boeing, son grand rival américain, cherche lui aussi à stabiliser sa propre cadence de production après plusieurs années de crise de qualité.