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Société Générale bat son record trimestriel avec 1,9 milliard d'euros de résultat net

La banque française publie un résultat net record de 1,9 Md€ au troisième trimestre, porté par la banque de grande clientèle et un ROTE de 13 %.

Image d'illustration — un immeuble de bureaux vitré sous un ciel nuageux.
Image d'illustration — un immeuble de bureaux vitré sous un ciel nuageux.Photo : Bank OZK / Unsplash

Société Générale a publié le 29 octobre un résultat net part du groupe record de 1,888 milliard d'euros au troisième trimestre 2026, selon son communiqué de presse officiel. Le chiffre dépasse le consensus des analystes, qui tablait sur environ 1,65 milliard d'euros, et correspond à une rentabilité sur fonds propres tangibles (ROTE) de 13,0 %, contre 10,7 % un an plus tôt.

Une performance qui dépasse les objectifs 2026

Sur les neuf premiers mois de l'année, le résultat net atteint lui aussi un niveau record à 5,374 milliards d'euros, en hausse de 17,3 % par rapport à la même période de 2025. Le ROTE sur neuf mois s'établit à 12,3 %, déjà au-dessus de l'objectif que la banque s'était fixé pour l'ensemble de 2026, fixé à environ 11 %. Les revenus du groupe progressent de 4,1 % sur neuf mois, à 21,4 milliards d'euros, tandis que les coûts reculent de 3,2 % sur la même période — un "effet ciseau" favorable qui améliore le coefficient d'exploitation à 58,8 %, mieux que la cible de moins de 60 % fixée pour l'année.

1,888 Md€
Résultat net au T3 2026 (record trimestriel)
13,0 %
Rentabilité sur fonds propres tangibles (ROTE) au T3
5,374 Md€
Résultat net sur 9 mois 2026, +17,3 % sur un an
13,4 %
Ratio de solvabilité CET1 à fin septembre

La banque de grande clientèle en première ligne

Au T3, les revenus progressent de 7,8 % par rapport à l'an dernier, pour des coûts en hausse limitée à 0,8 %, ce qui porte le coefficient d'exploitation trimestriel à 57,1 % et le coût du risque à 28 points de base — dans la fourchette cible de 25 à 30 points de base visée pour l'année. La banque de grande clientèle et solutions investisseurs affiche une nette accélération, avec des revenus en hausse de 12,5 % sur un an, tandis que la banque de détail en France ainsi que la banque privée et l'assurance progressent de 10,9 %.

Le groupe a par ailleurs achevé, le 30 septembre, un programme de rachat d'actions exceptionnel de 1,5 milliard d'euros, et affiche un ratio de solvabilité CET1 de 13,4 % à fin septembre, environ 320 points de base au-dessus de l'exigence réglementaire minimale.

La direction mise sur la trajectoire 2029

« Société Générale réalise à nouveau des résultats trimestriels très solides. Nous publions un résultat net part du Groupe record sur le trimestre, comme sur les neuf premiers mois de l'année. La performance de nos métiers démontre la capacité du Groupe à combiner croissance, efficacité opérationnelle, maîtrise des risques et génération de capital », a commenté Slawomir Krupa, directeur général du groupe, dans le communiqué. Il a ajouté que la banque entend poursuivre « l'exécution de [sa] stratégie de croissance rentable pour atteindre [ses] objectifs à l'horizon 2029 ».

Ces résultats s'inscrivent dans une série de publications solides pour les banques françaises cette semaine : BNP Paribas et Crédit Agricole ont également dépassé les attentes sur la même période, portées notamment par les activités de marché.

Un secteur bancaire français porté par la volatilité des marchés

La séquence de résultats de cette fin octobre confirme une tendance observée depuis plusieurs trimestres : les grandes banques françaises tirent une part croissante de leur rentabilité de leurs activités de marché et de banque d'investissement, plus que de la banque de détail traditionnelle, dont la croissance reste plus modeste en France dans un contexte de taux d'intérêt stabilisés. Chez Société Générale, la division banque de grande clientèle et solutions investisseurs — qui regroupe le trading actions, les financements structurés et les activités de marché de capitaux — a vu ses revenus progresser de 12,5 % sur un an au troisième trimestre, devançant nettement les autres métiers du groupe.

Cette dynamique s'explique en partie par une volatilité plus forte sur les marchés actions depuis le début de l'année, qui profite aux activités de trading et de produits dérivés des banques dotées de salles de marché importantes. Société Générale, historiquement l'une des banques européennes les plus actives sur les produits structurés et le trading actions, en tire un bénéfice disproportionné par rapport à des établissements plus concentrés sur la banque de détail.

Le ratio de solvabilité CET1 de 13,4 %, confortablement au-dessus des exigences réglementaires, donne par ailleurs au groupe une marge de manœuvre pour poursuivre les versements aux actionnaires sans fragiliser sa structure financière — un point que les investisseurs surveillent de près après le rachat d'actions exceptionnel de 1,5 milliard d'euros bouclé fin septembre.