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CAC 40 : les bénéfices bondissent de 34 % à 73 milliards d'euros au premier semestre

Les 38 groupes du CAC 40 ayant publié leurs comptes affichent 73,3 milliards d'euros de bénéfice net au premier semestre 2026, en hausse de 34 %.

Image d'illustration — grandes entreprises cotées
Image d'illustration — grandes entreprises cotéesPhoto : Piotr AMS / Unsplash

La saison des résultats aura été un cru exceptionnel. Les 38 sociétés du CAC 40 ayant publié leurs comptes semestriels affichent, cumulés, 73,32 milliards d'euros de bénéfice net sur les six premiers mois de 2026 — un bond de 34,22 % par rapport à la même période de 2025, selon le décompte de BFM Bourse. En incluant Pernod Ricard, qui clôt son exercice fin juin, l'ensemble grimpe à 74,3 milliards d'euros.

Fait rare, aucun des grands groupes de l'indice n'a terminé le semestre dans le rouge. La performance est d'autant plus notable qu'elle intervient dans une conjoncture française atone et sur fond de tensions persistantes sur la dette souveraine.

TotalEnergies, BNP et LVMH en tête des profits

Le podium des bénéfices reste dominé par les mêmes poids lourds. TotalEnergies signe le plus gros résultat net avec 9,9 milliards d'euros, en hausse de 77,8 % en euros. BNP Paribas suit avec 7,56 milliards (+21,8 %), devant LVMH et ses 5,7 milliards, stables sur un an malgré le trou d'air du luxe mondial.

Deux redressements spectaculaires tirent aussi la moyenne vers le haut. Renault repasse dans le vert après une perte de plus de 11 milliards d'euros un an plus tôt, alors plombée par la dépréciation de sa participation dans Nissan. Stellantis efface de son côté une perte de 2,24 milliards pour dégager 656 millions d'euros de bénéfice.

73,3 Md€
Bénéfice net cumulé du CAC 40 au 1er semestre 2026
+34,2 %
Progression sur un an
9,9 Md€
Bénéfice de TotalEnergies, le plus élevé de l'indice

La Bourse récompense la surprise, pas la taille

Sur les marchés, ce ne sont pas les plus gros bénéfices qui ont été le mieux accueillis, mais les meilleures surprises. Kering a bondi de 16,91 % le jour de ses comptes, les investisseurs saluant les premiers effets du redressement engagé chez Gucci. Schneider Electric a gagné 10,78 % après avoir dépassé les attentes de marge et relevé ses objectifs, tandis que Bureau Veritas s'est adjugé 7,14 % en accélérant sa croissance.

À l'inverse, les déceptions ont été lourdement sanctionnées. STMicroelectronics a chuté de 17,72 %, ses perspectives pour le troisième trimestre ayant douché un titre qui avait doublé depuis le début de l'année. Hermès a reculé de 11,03 % malgré une croissance supérieure aux attentes, les investisseurs s'inquiétant de l'absence d'accélération en Asie hors Japon. Sanofi a perdu 8,95 %, faute d'annonce stratégique à la hauteur des espoirs.

Au total, la publication des comptes a laissé l'indice quasi étale : sur les 38 groupes, 21 ont vu leur action monter le jour de leurs résultats contre 17 en baisse, pour une réaction moyenne de +0,7 %.

Des objectifs relevés malgré la morosité française

Plusieurs groupes ont profité de leurs résultats pour revoir leurs prévisions à la hausse. Schneider Electric et Bureau Veritas ont relevé leurs objectifs annuels, ce dernier après les avoir abaissés en avril. Un signal de confiance qui tranche avec la grisaille des indicateurs macroéconomiques hexagonaux.

Dans le détail, la performance du semestre doit beaucoup à trois moteurs. L'énergie d'abord, avec le rebond de TotalEnergies, premier contributeur de l'indice. La banque ensuite, portée par des marges encore élevées chez BNP Paribas, Crédit Agricole et Société Générale. L'assurance enfin, avec des comptes solides. Le luxe, longtemps locomotive de la cote parisienne, joue cette fois un rôle plus contrasté : entre la stabilité de LVMH, le rebond boursier de Kering et les doutes sur Hermès en Asie, le secteur ne tire plus l'indice à lui seul.

Reste une ombre au tableau : le contexte financier. Alors que les entreprises engrangent des profits record, l'État emprunte de plus en plus cher, l'OAT à dix ans évoluant autour de 4 % avant la revue de la note française par Fitch. Le grand écart est saisissant entre la santé des multinationales du CAC 40 et celle des finances publiques.

Un record qui ne dit pas tout

Ces bénéfices doivent être relativisés. Les grands groupes du CAC 40 tirent l'essentiel de leurs revenus de l'international : leur santé reflète davantage la conjoncture mondiale et les effets de change que le dynamisme de l'économie française. La dernière ligne droite de la saison, avec Eiffage et Pernod Ricard attendus autour du 27 août, viendra clore un exercice déjà installé au sommet — sans pour autant lever le doute sur la vigueur réelle de l'activité dans l'Hexagone.