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Séché Environnement grossit à l'international mais voit son bénéfice net fondre de 23 %

Le groupe de gestion des déchets affiche un chiffre d'affaires en hausse de 4,8 % au S1 2026, porté par deux acquisitions, mais son résultat net recule de 23,3 %.

Image d'illustration — une unité de valorisation énergétique des déchets. Séché Environnement traite les déchets dangereux et non dangereux en France et à l'international.
Image d'illustration — une unité de valorisation énergétique des déchets. Séché Environnement traite les déchets dangereux et non dangereux en France et à l'international.Photo : Rose Galloway Green / Unsplash

Croissance en haut de bilan, contraction en bas : le premier semestre 2026 de Séché Environnement illustre le prix d'une stratégie d'expansion menée tambour battant. Le spécialiste français de la gestion des déchets a publié un chiffre d'affaires contributif de 607,8 millions d'euros, en hausse de 4,8 % sur un an, selon les comptes rapportés par Investing.com. Mais dans le même temps, le résultat net part du groupe a chuté de 23,3 %, à 12,2 millions d'euros, soit un bénéfice par action de 1,57 euro.

Deux acquisitions qui redessinent le périmètre

Le moteur de la croissance est cette fois-ci externe. Le groupe a intégré au premier semestre deux acquisitions structurantes, toutes deux hors de France. Hidronor, au Chili, apporte une expertise du traitement des déchets dangereux : 24,8 millions d'euros de chiffre d'affaires et 12 millions d'euros d'excédent brut d'exploitation sur la période, soit une marge d'EBE de 48,3 % qui en dit long sur la rentabilité de ce segment. La Filippa, dans le nord de l'Italie, spécialisée dans le stockage de déchets non dangereux, contribue pour 11 millions d'euros de chiffre d'affaires et 7,9 millions d'euros d'EBE — une marge de 71,8 %, exceptionnelle, typique des actifs d'enfouissement bien situés.

Ces deux opérations traduisent une doctrine claire : Séché cherche la croissance là où elle est la plus profitable, c'est-à-dire dans les déchets dangereux et à l'international, plutôt que sur un marché français mature et concurrentiel. La répartition géographique du semestre le confirme sans ambiguïté : l'activité recule de 8,7 % en France mais bondit de 11,8 % à l'international, en croissance organique à change constant.

607,8 M€
Chiffre d'affaires contributif (+4,8 %)
128,3 M€
Excédent brut d'exploitation (+8,5 %)
12,2 M€
Résultat net part du groupe (-23,3 %)

Pourquoi le bénéfice recule quand l'activité progresse

Le paradoxe apparent — plus de chiffre d'affaires, moins de bénéfice — s'explique par la mécanique de la croissance externe. L'excédent brut d'exploitation, lui, progresse bel et bien : 128,3 millions d'euros, en hausse de 8,5 %, pour une marge d'EBE de 21,1 % qui témoigne d'une exploitation saine. C'est plus bas dans le compte de résultat que la facture des acquisitions se paie. L'intégration de nouveaux actifs alourdit les amortissements et, surtout, mobilise de la dette dont les intérêts pèsent sur le résultat net.

Car Séché finance sa conquête à crédit. La dette nette atteint 757,4 millions d'euros, pour un levier financier de 2,9 fois l'EBE en normes IFRS — un niveau élevé qui approche la limite que le groupe s'est fixée. La bonne nouvelle vient de la génération de trésorerie : le cash-flow opérationnel disponible progresse de 14,1 %, à 72,1 millions d'euros, ce qui donne au groupe les moyens de digérer sa dette sans étrangler ses investissements.

Ce grand écart entre un résultat net en repli et un excédent brut d'exploitation en hausse est le lot classique des groupes en phase d'acquisition. L'investisseur avisé y lira moins une dégradation qu'un décalage temporel : les actifs rachetés génèrent immédiatement du chiffre d'affaires et de l'EBE, mais leurs coûts de financement et d'amortissement grèvent le bénéfice comptable avant que les synergies attendues ne produisent leurs effets.

Une guidance maintenue, un désendettement à venir

Malgré le repli du résultat net, la direction a confirmé ses objectifs pour l'ensemble de l'exercice 2026 (hors périmètre du Groupe Flamme) : un chiffre d'affaires compris entre 1 230 et 1 260 millions d'euros, correspondant à une croissance organique de 2 à 3 %, et un excédent brut d'exploitation de 260 à 270 millions d'euros. Le groupe vise surtout un levier financier ramené sous les 3 fois l'EBE d'ici à la fin décembre, signe qu'après la phase d'acquisitions vient celle de la consolidation du bilan.

« Le Groupe fait preuve de dynamisme commercial dans la plupart des zones géographiques. »

Maxime Séché, directeur général de Séché Environnement

La trajectoire de Séché s'inscrit dans un mouvement de fond du secteur des déchets, où la consolidation bat son plein — l'expansion de groupes comme Paprec en Europe centrale participe de la même logique de taille critique. Le pari du groupe mayennais est double : capter la rentabilité supérieure du traitement des déchets dangereux et de l'international, tout en démontrant qu'il sait ramener son endettement à un niveau soutenable. Le second semestre dira si la baisse du bénéfice net n'était bien qu'une facture d'entrée.