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VusionGroup accélère de 34 % au premier semestre, porté par Walmart et Carrefour

Le spécialiste français des étiquettes électroniques publie 820 M€ de revenus semestriels, tiré par le déploiement chez Walmart et l'exclusivité Carrefour.

Image d'illustration — les rayons d'un supermarché. VusionGroup fournit les étiquettes électroniques et solutions connectées de la grande distribution.
Image d'illustration — les rayons d'un supermarché. VusionGroup fournit les étiquettes électroniques et solutions connectées de la grande distribution.Photo : Franki Chamaki / Unsplash

Rares sont les valeurs technologiques françaises capables d'afficher une croissance à deux chiffres semestre après semestre. VusionGroup, l'ex-SES-imagotag devenu numéro un mondial des étiquettes électroniques de rayon, en fait partie : le groupe a publié ce lundi 21 septembre un chiffre d'affaires IFRS de 820 millions d'euros au premier semestre 2026, en hausse de 34 %. Une performance qui doit presque tout à l'appétit des géants de la distribution américaine et européenne pour la numérisation des points de vente.

Les États-Unis tirent la machine

La lecture géographique du semestre est sans ambiguïté. La zone Amériques et Asie-Pacifique a bondi de 39 % pour atteindre 630 millions d'euros de revenus, quand l'Europe-Moyen-Orient-Afrique n'a progressé que de 6 %, à 209 millions. Le moteur de cette bascule porte un nom : Walmart. Le premier distributeur mondial déploie EdgeSense, la plateforme de rayon connecté de VusionGroup, dans ses magasins américains, et l'a étendue au Mexique via sa filiale Walmex. En clair, le contrat signé avec l'enseigne d'Arkansas est en train de redessiner la géographie du groupe français, dont le centre de gravité commercial glisse vers l'Amérique du Nord.

En données ajustées, le chiffre d'affaires ressort à 839 millions d'euros, en hausse de 29 % — mais de 37 % à taux de change et tarifs douaniers constants. L'écart n'a rien d'anecdotique : il mesure le coût du dollar faible et des droits de douane américains sur les composants, un vent contraire que VusionGroup absorbe pour l'instant grâce au volume.

820 M€
Chiffre d'affaires IFRS du premier semestre (+34 %)
630 M€
Revenus de la zone Amériques et Asie-Pacifique (+39 %)
522 M
Étiquettes électroniques connectées sur VusionCloud

Le logiciel, nouveau nerf de la guerre

Derrière la vente de matériel, c'est la bascule vers les services qui structure désormais l'histoire boursière du groupe. Le segment VAS, qui regroupe logiciels et prestations, a progressé de 39 % à 125 millions d'euros, dont 61 millions de revenus récurrents — en hausse de 73 %. Cette récurrence est la donnée que scrutent les investisseurs : elle transforme un équipementier cyclique, dépendant des cycles d'équipement des enseignes, en fournisseur d'abonnements plus prévisibles. La base installée de la plateforme VusionCloud a franchi le cap des 522 millions d'étiquettes connectées, un socle qui alimente mécaniquement ces revenus logiciels au fil des renouvellements et des services associés.

Ce virage explique aussi pourquoi le groupe insiste sur ses partenariats de long terme. En France, VusionGroup a décroché un accord d'exclusivité structurant avec Carrefour, qui verrouille l'un des plus gros parcs de la grande distribution européenne. À l'international, l'enseigne danoise d'ameublement JYSK, le turc Gratis ou encore Decathlon figurent parmi les références citées à l'appui de la conquête commerciale.

Un carnet de commandes à relativiser

Tout n'est pas au vert. Les prises de commandes du semestre s'établissent à 681 millions d'euros, en recul de 22 % sur un an. La direction impute ce repli à un effet de base défavorable — le premier semestre 2025 avait été gonflé par la signature initiale du méga-contrat Walmart — et souligne un rebond de 7 % sur le seul deuxième trimestre. L'argument est recevable : comparer un semestre à un autre marqué par un contrat exceptionnel a peu de sens. Reste que le carnet de commandes est l'indicateur avancé que les analystes surveilleront pour juger si la dynamique commerciale se prolonge au-delà des déploiements en cours.

Des objectifs annuels confirmés

Pour l'ensemble de 2026, le groupe confirme viser une croissance du chiffre d'affaires ajusté comprise entre 15 % et 20 %, une progression du segment VAS d'environ 40 % et une amélioration de la marge d'EBITDA de plus de 100 points de base. La fourchette de croissance, plus modérée que le rythme du premier semestre, intègre l'effet de base des grands déploiements et un second semestre traditionnellement plus calme. Surtout, la promesse porte désormais autant sur la rentabilité que sur le volume : après des années passées à financer sa conquête commerciale, VusionGroup doit démontrer que son modèle génère de la marge à mesure qu'il grossit.

Le rendez-vous est pris. Le groupe organisera le 18 novembre à Paris une journée investisseurs consacrée à son nouveau plan stratégique, comme le détaille Zonebourse. L'occasion de préciser jusqu'où le champion français entend pousser sa bascule vers le logiciel, et comment il compte protéger ses marges face aux droits de douane américains. Dans une saison des résultats où plusieurs valeurs françaises déçoivent — Vivendi a vu son EBITA plombé par un plan de départs —, la trajectoire de VusionGroup fait figure d'exception.